Rabat, capitale administrative du Maroc

Rabat, capitale administrative du Maroc, a fait l’objet de nombreux écrits concernant son histoire architecturale et urbanistique sous le Protectorat français. Le mémoire de maîtrise d’Isabelle Dupont, soutenu en 1972, limite son étude à l’évolution architecturale des villes nouvelles de Rabat et de Casablanca durant le seul mandat de Lyautey, soit entre 1912 et 1925. Son auteur ne prend donc nullement en compte les médinas. Dans sa thèse d’histoire soutenue en 1986 à l’Université de Nice, Sylviane Munoz s’interroge quant à elle sur l’histoire économique et sociale de Rabat, ville nouvelle et médina comprises1, durant les vingt-sept premières années du Protectorat. Elle analyse les changements urbanistiques de la ville dus notamment à la création de la ville nouvelle. L’auteur met surtout en exergue les conséquences du changement de statut de Rabat comme capitale administrative à partir de 1913, le développement économique de la ville ainsi que l’ampleur des actions de la municipalité. S. Munoz insiste notamment sur les conséquences de la surpopulation dans les médinas dans les années 1930, laquelle est une des conséquences directe de l’intensification de l’exode rural (Munoz, 1972, pp. 358-362). En effet, les migrants, dont un grand nombre provient des campagnes du Sud du Maroc, s’entassent dans la médina qui s’avère trop petite pour les accueillir tous ou bien doivent s’installer à ses marges, créant ainsi les premiers bidonvilles. Malgré cette analyse de cet aspect de l’histoire de Rabat, S. Munoz ne fait qu’effleurer la question de la mise en place de la conservation de la médina ; elle n’en approfondit ni les causes ni les conséquences. Jean-Pierre Malka, dans son ouvrage Rabat hier et aujourd’hui, publié en 2002, relate, pour ce qui le concerne, l’historique urbanistique de la ville de Rabat au travers d’une série de cartes postales, qu’il commente. Mais il ne s’intéresse pas aux différents aspects de la conservation. J’ai pour ma part traité le thème de cette préservation des médinas dans ma thèse intitulée : Le regard français sur le patrimoine marocain : conservation, restauration et mise en valeur de l’architecture et de l’urbanisme des quatre villes impériales durant le Protectorat français (1912-1956). Cependant, j’ai abordé cette question plus sous l’angle architectural qu’urbanistique. Et surtout, je n’ai étudié la préservation des monuments historiques de la médina de Rabat que durant un temps plus court (1913-1930), puisque les trois autres médinas impériales me servaient aussi d’exemples pour l’ensemble de la période. Il me semble donc justifié de reprendre ces analyses pour les approfondir en m’interrogeant sur les motifs des principaux acteurs ainsi que sur les actions qu’ils conçoivent et mettent en œuvre en vue de la conservation de cette médina……

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