Planification stratégique des territoires

Planification urbaine

La planification est un processus nécessaire, articulée par différents éléments (les mutations économiques, les changements sociaux,…) sur lesquels elle devrait se baser. Aussi, elle se traduit forcément à différentes échelles et selon différentes manières. Un espace peut nécessiter l'élaboration d'un SDAU, sans pour autant passer à l'échelle du PA, en fonction de la particularité du site.

Il existe des documents en matière de planification à savoir:

  • Des documents référentiels tels le SDAU, le SRAT, le PAC,… ;
  • Un document d'occupation du sol qui est le PA.

La planification urbaine se traduit principalement dans notre pays par la réalisation des schémas Directeurs d'aménagement Urbain (SDAU).

Document de planification à 20 ans, le schéma directeur a pour objet de donner un cadre cohérent au développement et à l'organisation du territoire. Il définit une vision stratégique, prospective et concertée de développement de la ville articulée autour de principes majeurs.

La planification opérationnelle complète la planification urbaine. Elle définit clairement la mise en oeuvre des plans d'urbanisme pour atteindre certains objectifs spécifiques. Les projets urbains, les projets de requalification, les lotissements…, qui peuvent concerner l’ensemble du territoire comme une partie seulement, et déterminent dans le détail l'affectation des sols.

La planification urbaine ne constitue pas une fin en soi, c'est un processus qui poursuit un ensemble d'objectifs dont notamment l'amélioration du fonctionnement des villes, l'organisation de l'occupation de l'espace, l'incitation à l'investissement et la réponse à la demande sociale dans les domaines des infrastructures, des équipements et du logement, etc

Télécharger la liste des Plans d'Aménagements homologués au titre de l'Année 2013

Télécharger la liste des Plans de Développement homologués au titre de l'Année 2013

Gestion des risques dans la planification urbaine

Secoué par une multitude de crises et chocs majeurs, le Maroc et depuis l'année 2008 s'est penché pour développer une approche intersectorielle de la gestion des risques, et ce, dans le but de renforcer sa résilience et mettre en place une politique de précaution et de prévention. De ce fait, la gestion des risques a évolué d'une question technique vers une considération stratégique et une prise de conscience gouvernementale.

Bien entendu, le gouvernement marocain à travers cette réflexion stratégique, et en partenariat avec la Banque Mondiale, a identifié trois risques majeurs vu leurs conséquences économiques et sociales très élevées, à savoir : les risques de fluctuation des prix des matières premières, les risques du secteur agricole et les risques de catastrophes naturelles.

L'examen des risques d'une manière intégrée permettra au pays de mieux anticiper les besoins budgétaires, coordonner les différentes actions sectorielles et éviter le double emploi pour réduire l'impact économique et social résultant d'un éventuel événement.

Quant au domaine de l'urbanisme et l'aménagement du territoire, et vu l'importance de la gestion des risques dans le processus de gestion et la planification urbaine et son impact sur les services et les biens de la société, une réflexion majeure a été attribuée aux risques de catastrophes naturelles.

Ainsi, des estimations probabilistes ont indiqué que les séismes, les tsunamis. Les inondations peuvent couter en moyenne pour le Royaume 5.0 Milliards de DH par an, et dont ces dernières constituent la plus grande partie.

Entre 2008 et 2012, le Ministère des Affaires Générales et de la Gouvernance en collaboration avec la Banque Mondiale a initié une étude probabiliste afin d'évaluer l'exposition du Maroc aux risques liés aux aléas naturels.

Cette étude a été élaborée par un bureau d'étude étranger en collaboration étroite avec les Ministères techniques dans le cadre d'une approche participative, et a permis d'avoir accès aux données d'input du modèle, à savoir les données scientifiques, les données sur l'infrastructure et l'habitat ainsi que les données sur la population.

L'étude a débouché sur un rapport de synthèse qui documente le développement de modèles concernant la sécheresse, les tremblements de terre, les tsunamis, les inondations et les glissements de terrains ; et qui pourraient s'étendre à d'autres risques dans une phase ultérieure; ainsi qu'un inventaire de tout l'environnement bâti marocain.

Ce rapport évoque également la mise en place d'un programme informatique afin d'analyser l'ensemble de ces données et de pouvoir simuler les pertes en matière de coût financier, de vies humaines et un retour sur investissement au cas où une catastrophe naturelle se présente.

L'agrégation de ces scénarii permettra au gouvernement de faire des choix et de prioriser les actions d'atténuation des risques. Tous ces éléments réunis fournissent aux décideurs les bases pour émettre les stratégies sectorielles ainsi que la stratégie nationale de prévention et de gestion des risques de catastrophes naturelles.

Par ailleurs, selon le rapport de la Banque Mondiale sur le développement dans le monde, une augmentation de la résilience nationale aux risques accroit la stabilité et la sécurité du pays, ce qui attire davantage d'investissements étrangers ainsi que la compétitivité des entreprises marocaines ce qui permettra d'envisager un partage des coûts des risques avec le secteur privé dans un cadre de partenariat public-privé.

Également, des actions á court, moyen et long terme ont émergées du dialogue entre le Maroc et la Banque Mondiale, des actions à court, à moyen et à long terme ont émergé. Elle pourraient être résumées dans les recommandations suivantes :

  • Annulation du mode de fonctionnement axé sur « la lutte contre les crises » pour passer á une « gestion anticipative et systématique des risques » ;
  • Instauration d'un bureau national de gestion des risques au niveau du chef du gouvernement (intégration horizontale) et institutionnalisé au sein de chaque ministère de tutelle en partenariat avec les acteurs locaux (intégration verticale) ;
  • Fondement d'une stratégie intégrée de la gestion des risques choisis, permettant le déclanchement des signaux d'alerte;

Enfin, dans la perspective de développer une meilleure stratégie de prévention des risques naturels et mettre á l'abri les personnes et les biens, un projet d'établissement des cartes d'aptitudes á l'urbanisation sera parmi les actions futures.

L'objectif principal de ce projet est d'identifier, délimiter et cartographier les zones à risques potentiels, sur des échelles différentes et par conséquent l'élaboration d'un document qui sera la base de la planification urbaine dans les zones sensibles.